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19 déc. 2008

TOURISME :Le ralentissement apparu au second semestre va s'accentuer en 2009

Petra Friedmann (Opodo) © Journal du Net / Baptiste Rubat du Mérac

"2008 ne sera pas une année facile". Petra Friedman, la directrice d'Opodo en France, résume le sentiment général des professionnels présents au Forum "Tourisme et loisirs sur Internet", organisé le 20 novembre par Benchmark Group (éditeur du "Journal du Net"). La croissance du secteur ralentit fortement au second semestre, après un début d'année que beaucoup jugent plus dynamique que prévu. Certains ont vu les premiers signes de ralentissement en juillet, voire même en juin, comme Frédéric Vanhoutte, du réseau d'agences Selectour et qui dirige Level.com, une association regroupant les principaux voyagistes en ligne.

Tous les sous-secteurs du voyage en ligne ne sont pas touchés de la même façon. Le luxe par exemple semble ressentir fortement ce ralentissement. A l'image de l'organisateur et vendeur de voyages hauts de gamme Exclusif Voyages, qui s'est positionné sur le Web dès l'an 2000. "Chaque année nous faisons + 20 %, mais notre croissance devrait avoisiner les 10 % en 2008", explique Carola Moujan, intervenant sur une des tables rondes de la journée.

La baisse de croissance du second semestre 2008 devrait se poursuivre en 2009. 28 % des internautes prévoient une baisse de leur budget vacances l'année prochaine, alors que 14 % tablent sur une hausse et 58 % sur des dépenses stables, selon l'enquête Benchmark Group réalisée en octobre et novembre auprès de 305 personnes utilisant Internet pour réserver ou préparer un voyage.

Les professionnels s'attendent également à une année 2009 difficile. "Nous serons très prudents en 2009", indique Pierre Alzon, de Voyages-sncf.

Mais le secteur bénéficie du transfert vers le online

Certains espèrent cependant que le voyage en ligne sera moins touché que les boutiques "physiques".

D'abord, les Français sont toujours plus nombreux à utiliser le Web pour leurs vacances. Le transfert qui se poursuit de l'univers offline vers le online devrait permettre au secteur d'amortir le choc. Même si le tourisme est l'un des secteurs où ce transfert est le plus avancé, il bénéficie de réserves de croissance plus ou moins importantes selon les produits. "Nous continuons à bénéficier de ce transfert", explique Petra Friedmann.

Selon l'étude "Tourisme & voyages sur Internet", éditée par Benchmark Group en 2008, les internautes Français achètent majoritairement en ligne billets de train et d'avion. En revanche, des produits comme les locations de vacances et les séjours se vendent moins bien.

Par ailleurs, Internet est associé chez les consommateurs aux produits bons marché. En cas de baisse du pouvoir d'achat et d'inquiétudes sur l'avenir, ils y cherchent des bonnes affaires. "En temps de crise, une course effrénée aux petits prix se met en place", selon Pierre Alzon, de Voyages-SNCF.

Un avis que ne partage pas Frédéric Vanhoutte, de Sélectour. "Avec la crise, les consommateurs veulent être rassurés. Les agences physiques sont donc bien placées, à condition d'avoir des prix compétitifs". Selon lui, les agences en ligne vont aller de plus en plus dans le "physique", à l'image de Promovacances.

Le ralentissement de l'économie devrait également avoir des conséquences sur les acteurs du secteur. "La crise va avoir des effets structurant sur le paysage concurrentiel. Ceux qui sont positionnés sur le low cost vont s'en sortir et même prendre des parts de marché", prévoit Petra Friedmann. Les plus fragiles en revanche vont rencontrer des difficultés et certains pourraient disparaître. D'où l'importance de se préparer en adoptant des structures à coûts bas et variables.

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