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6 janv. 2009

Michèle Alliot-Marie veut renforcer la lutte contre les e-arnaques

© Journal du Net / Benoît Méli

La ministre de l'Intérieur veut endiguer l'explosion des escroqueries en ligne. Un portail de signalement des contenus illicites et une cellule de la police judiciaire seront dédiés aux cyberarnaques.

Michèle Alliot-Marie ouvre la chasse aux arnaqueurs en ligne. La ministre de l'Intérieur a lancé, mardi 6 janvier, son plan de lutte contre les escroqueries, dont un large volet entend freiner l'augmentation des fraudes financières sur Internet. Achats en ligne jamais livrés, fausses loteries, héritages fictifs et autres fraudes à la carte bancaire sont en pleine recrudescence, estime la première policière de France.

Entre janvier et novembre 2008, les infractions financières ont, selon la ministre, "augmenté sensiblement" d'environ 8 %. Au sein de cette catégorie, ce sont les escroqueries et abus de confiance qui explosent, progressant de 20 % sur cette période. A tel point que les infractions financières représentent désormais 6 % de la délinquance générale.

Un constat négatif dans un contexte général de baisse de la délinquance. D'autant qu'à peine un peu plus d'un tiers (35 %) des affaires d'escroqueries ou d'abus de confiance est élucidé. A titre de comparaison, le taux d'élucidation de l'ensemble des infractions économiques et financières dépasse les 52 %.

Pour lutter contre l'explosion de la cyberdélinquance, le ministère de l'Intérieur vient de lancer un site dédié au signalement des contenus illicites sur le Web, Internet-signalement.gouv.fr. Ce portail doit permettre aux internautes de communiquer aux services de police l'existence d'un site suspect, ce qui était déjà possible pour les sites à caractère pédopornographique.


Une cellule dédiée de "six à sept policiers" a été installé au sein de l'Office central spécialisé de la direction centrale de la police judiciaire, pour centraliser les signalements et effectuer "les recoupements nécessaires", affirme Michèle Alliot-Marie. Une mesure déjà revendiquée par le secrétaire d'Etat à l'Economie numérique Eric Besson (lire Assises du numérique : Les propositions phares d'Eric Besson, du 30/05/2008).

Un numéro de téléphone "info escroqueries" (0811 02 02 17, au prix d'un appel local), est également mis à la disposition du public. Des réservistes de la police et de la gendarmerie seront chargés d'orienter les personnes victimes d'escroquerie ou suspectant une arnaque sur Internet.

Michèle Alliot-Marie veut également donner une envergure internationale à son plan. La locataire de la place Beauvau se félicite d'avoir profité de la présidence française de l'Union européenne pour faire adopter "à l'unanimité" le principe d'une plate-forme européenne de signalement, financée par la Commission européenne. Placée sous la tutelle d'Europol, elle devrait être lancée en 2010. Des accords de coopération sont également en cours d'élaboration avec les Etats-Unis, la Russie, ainsi que "certains pays d'Afrique et des Balkans", assure la ministre.

Afin d'assurer la sensibilisation du public, le ministère de l'Intérieur a fait réaliser deux films d'animation, diffusés sur l'ensemble des plates-formes vidéo. Ces clips quelque peu simplistes mettent en scène des peluches dans des scénarios d'escroqueries typiques. "Nous essayons d'avoir un langage adapté aux gens qui utilisent Internet, explique la ministre. La plupart des escroqueries sont élémentaires, mais certaines personnes se laissent toujours prendre". Le dispositif sera complété par une campagne de bannières.
Benoît Méli, Journal du Net

© Journal du Net / Benoît Méli




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