Sumotic, E-réputation, veille internet, community management

22 janv. 2012

E-réputation : Tout se sait

Tout se dit. Les réseaux sociaux, blogs et sites font et défont l’identité numérique
des individus, marques ou entreprises, en communiquant en temps réel à 1 000 fois plus « d’amis » que dans le monde réel. Et ces traces peuvent être indélébiles.

Bon anniversaire Marc !

” Bon anniversaire, Marc. Le 5 décembre 2008, tu fêteras tes 29 ans. Tu permets qu’on se tutoie, Marc ? Tu ne me connais pas, c’est vrai, mais moi je te connais très bien. Tu es célibataire et hétérosexuel (Facebook). Au printemps 2008, tu as eu une histoire avec Claudia R, qui travaille au centre culturel franco-autrichien de Bordeaux »… Le Tigre a réalisé le portrait d’un illustre inconnu jusqu’alors, Marc L, à partir d’informations constituant son identité numérique recensées sur la toile. Et imprimé l’intégralité dans son numéro 38 ! Un quart d’heure de célébrité dont Marc L se serait passé. Ceci illustre la porosité entre virtuel et réel et nos paradoxes : tout le monde cherche à être reconnu (qui n’a jamais tapé son nom dans Google pour le voir apparaître ?!)… tout en souhaitant préserver son intimité.

Un mauvais buzz, ça peut coûter cher

Les entreprises investissent des millions d’euros chaque année pour promouvoir leur marque employeur, produit, corporate. Or un simple « post » - au bon moment, bien ciblé et relayé - peut détruire une réputation en quelques jours ! C’est le « bad buzz ». Le « heu » de Frédéric Lefebvre interrogé sur le sujet le 5 février 2009 aurait coûté sa place au Député pressenti pour être le futur Secrétaire d’État à l’économie numérique. Une vidéo sur le blog Engadget montrant l’ouverture aisée et frauduleuse d’un antivol Kryptonite, généré à la marque une perte de 10 millions de dollars. Un salarié en arrêt maladie vu sur Facebook en pleine forme en train de faire la fête le même jour, des sanctions que l’on devine…

Demain une charte dans les entreprises ?

Comment les entreprises utilisent les réseaux sociaux (Viadeo, Linkedln, Facebook… ) dans leurs stratégies RH ? Timidement. L’étude de Novamétrie* montre que 12% seulement des sociétés interrogées disposent d’un programme mature et que 45% n’ont mené aucune réflexion. Et pourtant. Demain, chaque organisation aura son propre réseau social… Certaines, plus avancées - sous l’impulsion de conseils internes ou externes-, occupent déjà ces espaces qui sont gratuits. Quitte à s’épandre sur des plateformes comme Facebook et Twitter, à priori dédiées aux particuliers. Selon Le Figaro 28/09/09 en 2011, le networking pourrait représenter 10% des recrutements contre 2% aujourd’hui. Les talents sont de fabuleux porte-drapeaux ou détracteurs d’une organisation. Notetonentreprise.com en est une illustration. Dirigeants et collaborateurs semblent se rejoindre sur l’impératif d’établir une charte déontologique afin d’éviter pour les premiers la divulgation d’informations confidentielles, et pour les seconds une protection de leur vie privée.

Pour ciseler sa cyber réputation

Personne ne maîtrise sa réputation numérique, en revanche chacun peut gérer sa visibilité sur le web. Un impératif : travailler sa marque personnelle (personal branding) comme un service ou produit de qualité. Comment ? En valorisant vos atouts. Votre personnalité. Vos talents. Vos expertises. Vos différences… Vous n’êtes pas à l’abri d’une usurpation virtuelle ; priorité donc au « monitoring » de votre réputation online et offline. Développez des contenus. Diffusez des histoires positives sur vous. Soyez en veille (cf. cartographie d’outils d’Emilie Ogez), sans omettre de vous construire un bouclier, en préparant un plan d’attaque en cas d’e-réputation frauduleuse. Un leitmotiv : faites de Google votre meilleur allié (sans devenir « Google dépendant ») avec une stratégie offensive où la transparence, l’honnêteté et l’authenticité seront vos meilleurs vecteurs. Au fait, il paraît que…

* « Baromètre des stratégies RH et des réseaux sociaux ». Étude réalisée par internet auprès d’un échantillon de 27 DRH (Areva, Axa, IBM, PSA, M6, Yoplait…) et 261 collaborateurs, entre le 11 août et le 14 septembre 2009.

Par Jean-Marc Ferraro